Tabous: Réprésentations, Fonctions et Impacts by Lozzi Martial M. Kamtchueng and Bana Barka (Eds.),

AMAZON.COM

Le tabou, c'est ce dont il vaut mieux ne pas avoir affaire. Tantôt dans le registre du faire, tantôt dans celui du non-faire, il frappe ceux qui s'approchent un peu trop des marges. Construction variable selon les sociétés et les époques, elle imprègne les imaginaires et (dés)oriente les pratiques, avec un impact psychologique important, qui amène l'individu à prendre de la distance avec un certain nombre d'éléments auxquels le conduisent naturellement ses pulsions. Le tabou touche ainsi tous les domaines de la vie humaine, traçant là où il passe la limite entre le permis et l'interdit, le sacré et le profane, le décent et l'obscène, le legal et l'illégal. Les conséquences de sa transgression sont souvent présentées comme terribles, mais l'existence même de rites expiatoires montre qu'elles ne sont pas inexorables, et que somme toute les tabous agissent comme une alerte plutôt que comme une inhibition à l'action de l'homme. L'alimentation et ce qui en résulte, le sexe et ce qu'on en exulte, la maladie et ce qu'on en dit, l'occulte et les cultes, voilà entre autres les sujets abordés par les contributeurs du présent ouvrage. Historiens, littéraires, linguistes, anthropologues ou psychologues, ils sont une trentaine à avoir mené une réflexion sur l'influence du tabou à une époque ou dans une société donnés, en s'attachant à mettre à nu les ressorts manifestes et cachés sur lesquels repose l'injonction d'obéir aux tabous. Les résultats de ces réflexions, rassemblées par deux universitaires camerounais, montrent par leur nombre et leur pertinence que nos sociétés, malgré le prisme du postmodernisme par lequel on a pris l'habitude de les considérer, restent dans une grande mesure liées, voire attachées à une notion qui au siècle dernier paraissait exclusivement réservée aux ''sociétés primitives''.